En 2022, alors que le monde commençait tout juste à émerger de la pandémie, Adil Kallate, son épouse et leurs deux enfants quittaient le Maroc pour l’Île-du-Prince-Édouard. En fait c’est vraiment la COVID qui a été le déclencheur de ce changement de vie. « On a décidé que ma femme entame ses études hors du pays et que je l’accompagne. » Adil rêvait depuis longtemps à s’établir au Canada, restait à choisir où s’installer.
Plusieurs choses étaient essentielles à leur choix : la possibilité de vivre, d’étudier et de travailler en français et l’accessibilité aux meilleurs services spécialisés pour un de leurs enfants qui est autiste. La famille a choisi la région francophone Évangéline, à l’Île-du-Prince-Édouard et posé ses valises dans la communauté de Wellington. Deux ans plus tard, ils sont convaincus d’avoir fait le bon choix. « L’intégration des enfants a été parfaite. L’école et la communauté ont beaucoup aidé. »
L’épouse d’Adil étudie l’éducation spécialisée en français au Collège de l’Île – un changement d’orientation qu’elle a pris pour pouvoir aider leur enfant. Pour sa part, Adil fort de son expérience de travail variée, a trouvé un emploi trois mois seulement après son arrivée. « Nous nous étions bien préparés avant de quitter le Maroc, c’est un des conseils que je donne toujours, » explique Adil qui est aujourd’hui agent d’intégration dans le secteur de l’immigration francophone. « La préparation mentale est essentielle. Avant de partir, il faut se faire quelques scénarios possibles de ce qui va se passer sur place et ne pas négliger la question financière, » ajoute-t-il. Et pour les immigrants qui arrivent il précise qu’il faut avoir pleinement conscience des conditions économiques qui affectent le monde entier, à l’Île comme ailleurs, comme l’inflation ou la crise du logement.
La famille Kallate maintient des liens forts avec le Maroc. Des liens familiaux, bien sûr, mais aussi leur culture et leur religion musulmane, leur identité ethnoculturelle en quelque sorte. Soucieux d’aller au-devant des gens de la région pour s’intégrer à leur communauté la famille a été très agréablement surprise de trouver les gens très intéressés à en apprendre davantage sur leur propre culture. « Il faut faire le premier pas, » précise-t-il, « et comprendre ce que les gens attendent de nous. »
Pour les gens qui, où qu’ils vivent, songent à s’établir au Canada et en général et plus particulièrement à l’Île-du-Prince-Édouard, Adil offre les conseils suivants :
- Il est normal d’avoir de l’appréhension et de craintes, il faut se préparer du mieux possible.
- Il faut être conscient que même si le Canada et la province ont besoin de travailleurs, la réalité sur place est qu’il faut souvent de la patience pour régler les questions d’équivalence de diplômes par exemple.
- Enfin, une fois sur place il faut comprendre que même si on arrive avec sa culture, il est important de s’ouvrir aux autres.
À Wellington, la famille Kallate est entourée « de gens merveilleux » insiste Adil qui a trouvé dans son nouveau poste d’agent d’intégration, un changement de carrière qui lui convient totalement.